PRIVATE EQUITY EN 2026 : INTERETS ? Avec votre cabinet en gestion de patrimoine à Amiens.
Private equity en 2026 : que reste-t-il de la performance quand le levier ne suffit plus ?
Hausse des taux, valorisations élevées, sorties plus longues : le capital-investissement est-il encore pertinent dans une allocation patrimoniale ?
Pendant près d’une décennie, le private equity a bénéficié d’un environnement particulièrement favorable : abondance de liquidités, coût de la dette faible, accès important au levier financier et progression des multiples de valorisation.
Cet environnement a changé.
En septembre 2026, la question n’est donc plus réellement de savoir si le capital-investissement est « toujours d’actualité ».
La question est plus exigeante : dans un environnement où l’argent est plus cher et où l’expansion des multiples ne peut plus être considérée comme acquise, d’où viendra désormais la performance du private equity ?
La réponse est déterminante, car elle modifie profondément la manière d’analyser cette classe d’actifs.
Un environnement monétaire redevenu contraignant
Le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne a décidé de relever ses trois taux directeurs de 25 points de base. À compter du 16 septembre, le taux de la facilité de dépôt sera porté à 2,50 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %.
Cette décision intervient dans un contexte où la BCE anticipe une inflation moyenne de 3,0 % en 2026 et une croissance du PIB de seulement 0,9 % dans la zone euro.
Pour le private equity, ce contexte n’est pas neutre.
Une part importante des acquisitions, notamment dans le capital-transmission ou Leveraged Buy-Out — LBO, repose sur l’utilisation de dette.
Lorsque son coût augmente, plusieurs mécanismes sont simultanément affectés : la capacité d’endettement de la société acquise, les flux de trésorerie disponibles pour rembourser la dette, la valorisation acceptable à l’entrée et, finalement, le rendement potentiel des capitaux propres.
Le coût du capital redevient donc une variable centrale.
Comprendre le véritable moteur de rendement d’un LBO avec votre cabinet en gestion de patrimoine à Amiens : AM Courtage et Patrimoine.
De manière simplifiée, la création de valeur d'une opération de private equity peut provenir de plusieurs sources : croissance de l’EBITDA (résultat opérationnel avant intérêts, impôts et amortissements) + amélioration des marges + désendettement + évolution du multiple de valorisation – coût du financement.
Toutes ces composantes n’ont pas la même qualité.
Une entreprise qui double son résultat opérationnel grâce à une augmentation réelle de son activité n’a pas créé sa performance de la même manière qu’une entreprise achetée huit fois son EBITDA et revendue dix fois son EBITDA quelques années plus tard.
Dans le premier cas, l’essentiel de la création de valeur est opérationnel.
Dans le second, une partie importante provient de ce que l’on appelle la multiple expansion, c’est-à-dire de l’augmentation du multiple payé par l’acquéreur suivant.
Or c’est précisément ce deuxième moteur qui devient plus incertain.
McKinsey estime que, sur les opérations réalisées entre 2010 et 2022, le levier financier et l’expansion des multiples ont représenté ensemble environ 59 % de la création de valeur.
Le changement de régime est donc considérable.
Des valorisations toujours élevées, mais moins de levier
Le paradoxe du marché actuel est particulièrement intéressant.
En 2025, le multiple moyen d’acquisition observé sur le buyout mondial aurait atteint environ 11,8 fois l’EBITDA, un niveau historiquement élevé.
Mais la part de dette représentait seulement environ 37 % du multiple d’entrée, contre une moyenne proche de 44 % sur la période 2010-2022.
Cela signifie que les investisseurs doivent apporter davantage de capitaux propres pour acquérir les entreprises.
Mathématiquement, cela modifie le rendement potentiel.
Une acquisition réalisée à 11,8 fois l’EBITDA avec une dette représentant 37 % de la valeur d’entreprise correspond approximativement à :
Dette : 4,4 × EBITDA
Capitaux propres : 7,4 × EBITDA
Le chèque en fonds propres devient donc particulièrement important.
Et plus la somme de capitaux propres investie au départ est élevée, plus il faut créer de valeur économique pour obtenir, à la sortie, un multiple attractif du capital investi.
Un exemple permet de mesurer la sensibilité
Prenons volontairement un modèle simplifié avec Aurélie MONTEIL, représentante du cabinet en gestion de patrimoine à Amiens : AM Courtage et Patrimoine.
Une entreprise est acquise pour 11,8 fois son EBITDA, dont environ 4,4 fois financées par dette et 7,4 fois par fonds propres.
Supposons une durée de détention de cinq ans.
Si son EBITDA progresse de 5 % par an, que le multiple de sortie reste exactement identique à 11,8 fois et que la dette a été ramenée à deux fois l’EBITDA au moment de la cession, le modèle conduit approximativement à un multiple des capitaux propres de 1,68 fois, correspondant à un taux de rendement interne proche de 11 % par an.
Mais il suffit que le multiple de sortie se contracte de 11,8 à 10,5 fois pour que, toutes choses égales par ailleurs, le multiple des capitaux propres tombe autour de 1,46 fois et le taux de rendement interne aux environs de 8 %.
À l’inverse, avec une croissance de l’EBITDA de 10 % par an et un multiple de sortie inchangé, le même modèle aboutirait à un multiple des capitaux propres supérieur à 2,1 fois, soit un rendement interne théorique voisin de 16 % par an.
Ces calculs sont volontairement simplifiés : ils n’intègrent ni fiscalité, ni frais, ni investissements, ni distributions intermédiaires, ni coûts de transaction.
Mais ils mettent en évidence une réalité essentielle : dans le nouveau régime de taux, la croissance opérationnelle de l'entreprise devient beaucoup plus importante que l'ingénierie financière.
Le private equity ne disparaît pas : il change de nature
C’est probablement l’enseignement central de 2026.
Le marché ne s’est pas arrêté.
Au niveau mondial, la valeur des opérations de private equity a progressé en 2025. McKinsey relève notamment une augmentation de 19 % de la valeur totale des transactions, tandis que la valeur des sorties aurait progressé de 41 %.
En France également, l’activité reste importante.
Selon France Invest, 36,4 milliards d’euros ont été investis en 2025 dans 2 904 entreprises et projets d’infrastructure. Les levées ont atteint 42,9 milliards d’euros, soit une progression de 10 % sur un an, tandis que les cessions représentaient 14 milliards d’euros en valeur au coût historique.
Il serait donc incorrect de parler d’une disparition du capital-investissement.
En revanche, le marché devient beaucoup plus sélectif.
Bain résume d’ailleurs le changement de régime comme la disparition durable de trois vents arrière historiques : prix d’acquisition faibles, dette bon marché et expansion facile des multiples.
Le sujet central de 2026 : la liquidité
La performance d’un fonds ne doit pas uniquement être analysée par son taux de rendement interne.
Pour comprendre le private equity, trois indicateurs méritent notamment d’être distingués.
Le TRI — taux de rendement interne mesure une performance annualisée en tenant compte du calendrier des flux.
Le MOIC — Multiple on Invested Capital mesure combien de fois le capital investi a été multiplié.
Le DPI — Distributed to Paid-In mesure quant à lui le capital qui a réellement été redistribué aux investisseurs par rapport aux sommes qu’ils ont effectivement versées.
Cette dernière notion est devenue particulièrement importante.
Un fonds peut afficher une valeur théorique élevée de son portefeuille sans avoir encore matérialisé cette valeur par des cessions.
McKinsey observe ainsi que le ratio de distributions sur les actifs du private equity a atteint un niveau historiquement bas au premier semestre 2025, tandis que les investisseurs institutionnels placent désormais la liquidité parmi leurs principales préoccupations.
Cela explique aussi le développement très rapide du marché secondaire et des fonds de continuation.
En 2025, le volume mondial des transactions secondaires aurait atteint environ 240 milliards de dollars, en progression de 48 %, tandis que les opérations pilotées par les gérants — notamment les continuation funds — représentaient environ 115 milliards de dollars.
Autrement dit, le private equity développe ses propres mécanismes de liquidité pour faire face à l’allongement des durées de détention.
Le véritable risque serait de considérer tout le private equity comme une seule classe d’actifs
Capital-risque, capital-développement, small-cap buyout, large-cap buyout, dette privée, secondaire et infrastructures présentent des profils de risque et des sensibilités aux taux extrêmement différents.
Une société technologique encore déficitaire, dont la valeur repose essentiellement sur des flux de trésorerie futurs, est particulièrement sensible à l’augmentation du taux d’actualisation.
Une entreprise mature, bénéficiaire et génératrice de trésorerie peut être plus résiliente, mais une structure LBO fortement endettée sera sensible au coût du refinancement.
Un fonds secondaire peut, quant à lui, entrer sur des actifs plus matures et parfois bénéficier d’une décote par rapport à la valeur liquidative.
Parler du « rendement du private equity » sans analyser la stratégie du fonds devient donc de moins en moins pertinent.
Et pour les investisseurs particuliers ?
Cette question est d’autant plus importante que l’accès des particuliers au non-coté progresse rapidement.
France Invest estime que 3,1 milliards d’euros ont été levés auprès des particuliers en 2025, soit une progression de 8 %. La collecte par l'intermédiaire de l'assurance-vie a progressé de 25 % pour atteindre environ 2,6 milliards d'euros.
Cette démocratisation ne doit cependant pas conduire à banaliser les risques.
Dans sa cartographie des risques 2026, l’ Autorité des Marchés Financiers souligne précisément les enjeux liés au développement rapide des actifs privés et à leur diffusion auprès des investisseurs particuliers : liquidité, valorisation, levier et interconnexions financières font partie des points de vigilance.
L’AMF rappelle également qu’il serait incorrect d’assimiler automatiquement les performances des fonds destinés aux particuliers aux performances historiques de fonds professionnels, leurs caractéristiques, leurs frais et leurs modalités d’appel de capitaux étant différentes.
C’est un point essentiel.
France Invest et EY évaluent le TRI net du capital-investissement français à 10,7 % par an sur dix ans à fin 2025.
Cette donnée historique est intéressante pour comprendre la classe d’actifs, mais elle ne constitue ni une promesse de rendement futur, ni le rendement auquel peut prétendre mécaniquement un particulier souscrivant aujourd’hui un fonds donné.
Alors, le private equity est-il encore pertinent en 2026 ?
Oui, mais probablement plus pour les mêmes raisons qu’hier.
La période pendant laquelle une part importante de la performance pouvait être alimentée simultanément par une dette très bon marché, un levier important et la progression des multiples de valorisation semble avoir laissé place à un environnement plus exigeant.
Cela ne condamne pas le private equity.
Cela augmente la dispersion probable entre les gérants.
La capacité à sélectionner correctement l’entreprise, à ne pas surpayer l’actif, à développer le chiffre d’affaires, à améliorer les marges, à maîtriser la dette et à préparer suffisamment tôt la sortie devient beaucoup plus déterminante.
Autrement dit : le private equity de 2026 pourrait être moins une histoire de classe d’actifs qu’une histoire de sélection du gérant et de qualité de création de valeur.
Pour l’investisseur patrimonial, la question ne devrait donc pas être simplement : « Dois-je avoir du private equity ? »
Mais plutôt : « Quelle stratégie de non coté, quel véhicule, quel niveau d’illiquidité, quelle qualité de gérant et quelle proportion sont compatibles avec mon horizon, ma situation et mes autres actifs ? »
C’est une différence fondamentale.
Le private equity reste une composante potentielle de diversification et de financement de l’économie réelle.
Mais dans un environnement de taux plus élevés et de croissance modérée, l’illiquidité doit de nouveau être rémunérée, la création de valeur doit être réelle et le risque doit être analysé au-delà du rendement historique affiché.
AM Courtage & Patrimoine - cabinet en gestion de patrimoine à Amiens.
Comprendre avant d’investir. Structurer avant de décider.
Le non coté peut avoir sa place dans certaines stratégies patrimoniales de long terme, mais il ne constitue ni un placement garanti ni une réponse universelle.
Son analyse suppose notamment d'examiner l'horizon de placement, la liquidité disponible, le niveau de risque accepté, les frais, la stratégie du fonds, les conditions de valorisation et la cohérence avec l'ensemble du patrimoine.
Cet article présente une analyse générale et pédagogique du marché. Il ne constitue ni une recommandation personnalisée d'investissement, ni une préconisation portant sur un fonds ou un instrument financier déterminé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le capital investi peut subir une perte partielle ou totale et les actifs non cotés peuvent présenter une liquidité limitée.
Aurélie MONTEIL
06.61.54.63.44







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